Médaille du mérite pour Mme Sylvie HUMBERT, Ennetièroise

Toutes nos félicitations pour Mme Sylvie Humbert qui a reçu le vendredi 11 juin de M. le Préfet, les insignes de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite en tant que Professeure en histoire du droit et de la justice à l’Université catholique de Lille.

Mme Humbert est une passionnée. Sa passion est d’abord pour le droit, mais pour un droit enraciné dans l’histoire et dans la philosophie.

Après des études à la Faculté de droit de l’Université de Lille 2, où Sylvie obtient un diplôme d’études approfondies (DEA) en droit privé général, Elle embrasse la carrière d’enseignante, en devenant vacataire à l’Institut universitaire de technologie (IUT) de Villeneuve d’Ascq.

Après quelques années d’arrêt pour se consacrer à ses enfants, Alexandre, Franck et Antoine, Sylvie décide de reprendre ses études en 1988, est retourne à l’Université de Lille 2 pour un DEA cette fois-ci en théorie du droit et sciences judiciaires. Elle postule ensuite à l’université Erasmus de Rotterdam aux Pays-Bas . Ayant entre-temps appris le néerlandais par des cours du soir, elle soutient en 1993, devant un jury hollandais, une thèse intitulée « Juge de paix et répression des infractions douanières en Flandres et en Hollande de 1794 à 1815 ».

Après avoir obtenu son doctorat, elle devient enseignante à Lille 2 et à la Faculté libre de droit de l’université catholique de Lille, avant d’accéder au corps de maître de conférences en 1996. C’est le début d’une brillante carrière universitaire.

En 2010, elle dirige des recherches et devient alors Professeur des universités catholiques à la Faculté libre de droit, en histoire du droit et de la justice, pour des étudiants de formation initiale, de licence, de master, et de formation continue.

Elle crée en 2006 le Centre de recherches sur les relations entre le risque et le droit (C3RD), qu’elle dirige de 2015 à 2017. Ce laboratoire est aujourd’hui largement reconnu, il structure ses recherches sur les risques pris en charge par le droit et les risques créés par le droit, qu’il doit anticiper.

En plus de contribuer au rayonnement de l’université par ce laboratoire, elle initie des coopérations scientifiques avec des universités, dont notamment celle de Guyane, mais aussi avec des partenaires prestigieux comme l’Ecole nationale de la magistrature ou la Cour de cassation, au travers de  conférences et de sessions de formation des futurs magistrats. Depuis 2015, Mme Humbert est directrice de formation permanente à l’ENM, où elle intervient sur de sujets aussi variés que la controverse de Valladolid, le procès Eichmann à Jérusalem, ou encore les relations entre droit, littérature et justice.

Elle organise de nombreux colloques sur des sujets tels que les « justices en Guyane » en 2014, le « sens de la peine » en 2015, la « psychiatrie du futur » en 2016, les « 200 ans de la Direction des affaires criminelles et des grâces » en 2016.

Ses recherches portent sur les thèmes du génocide, de la guerre, des droits de l’homme, de la justice restaurative sur les lieux de conflits, et plus récemment sur le terrorisme. En 2017, Sylvie part au Cambodge pour étudier les procès des Khmers rouges. La même année, elle restitue au ministère de la Justice les conclusions d’un voyage d’étude au Rwanda. En 2019, vous poursuivez ces recherches en intégrant la commission de recherche sur les archives françaises relatives au génocide rwandais, emmenée par Vincent Duclert. En mars dernier Mme Sylvie Humbert remet son rapport au Président de la République. Le récit a permis un rapprochement historique entre la France et le Rwanda, en étant notamment une source d’inspiration capitale pour le discours du président de la République à Kigali du 27 mai dernier. De plus, Sylvie a écrit de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire de la justice, à l’esclavage, à la détention, à la médecine judiciaire.

Sylvie attache une importance particulière aux « humanités » au sens large. Exigeante mais passionnante, elle permet à ses élèves de vivre le droit en plus de l’apprendre, grâce à des visites par exemple de la Cour de cassation pour enseigner l’affaire Dreyfus, ou d’Oradour-sur-Glane pour parler des crimes contre l’humanité. Syvie est un « modèle d’innovation pédagogique

Au-delà de la vie de l’université, elle s’investit dans la vie associative pour mettre vos connaissances au service de la société et est secrétaire générale de l’Association française pour l’histoire de la justice, association créée par Robert Badinter en 1987, dont l’objet est de promouvoir l’histoire de la justice et de mieux la faire connaître. Placée sous le haut patronage du garde des Sceaux, elle organise des colloques, expositions et visites, et publie depuis plus de trente ans « La revue de l’histoire de la justice » à la Documentation Française.

Mme Sylvie Humbert a bien mérité cette récompense qui a été remise pour son travail, ses engagements, mais aussi car elle met ses connaissances au service de la société. La commune est fière d’avoir en son sein des habitants tel que Sylvie Humbert qui rayonne bien au delà de la commune dans l’humanité toute entière.

Félicitations Mme Sylvie HUBERT !